6. La dépendance affective

La dépendance affective,

J’aborde aujourd’hui ce grand sujet parce que mes élèves du fait de leur sensibilité particulière sont susceptibles d’être pris comme cible de personnes ayant des troubles de l’égo. On parle énormément des pervers et spécifiquement des pervers narcissique. Je suis convaincue qu’il faut être très vigilant tout en faisant attention à ne pas crier « au loup… » à la moindre incartade d’un conjoint ou d’un ami un peu virulent.

En tant que coach, ma place n’est pas de poser un diagnostic et ce n’est pas là l’objectif. Je préfère aujourd’hui m’appliquer à développer la capacité à déceler cette tendance à la dépendance que l’on peut facilement sentir en chacun. La problématique est courante chez les personnes timides: il semble que ce qui compte soit avant tout ce que les autres pensent et le moyen de s’en faire apprécier.

Ainsi, on peut vite passer d’une extrême gentillesse qui est un plaisir pour tous à une soumission dangereuse et parfois oppressante pour l’entourage.

La première chose à faire serait peut-être de se regarder avec honnêteté et de s’avouer cette chose simple: j’ai peur. J’ai peur qu’on me juge, j’ai peur qu’on ne m’aime pas et surtout j’ai peur qu’on m’abandonne. Il est rare que les élèves aillent jusqu’au troisième point qui est pourtant clairement relié aux deux autres. Généralement mon travail consiste à aider chacun à retrouver l’équilibre. Bien entendu nous vivons dans un monde chiffré, noté et où le jugement a une place prépondérante. Et pour évoluer il me semble important d’avoir conscience de ses compétences et de la manière dont elles sont perçues (ou non). Pour autant il est absolument  essentiel de retrouver sa propre conscience de soi. Il ne s’agit en aucun cas de la petite voix critique qui vient vous harceler lorsque vous doutez « tu ne sais pas faire, tu es trop ci ou trop ça… », non il s’agit de l’autre voix. La voix adulte et sereine en vous qui vous rappelle « tu as déjà fait quelque chose de similaire, c’est donc cette compétence-là qu’il va falloir exploiter » ou « tiens, ceci est nouveau, un vrai challenge mais tu sais t’adapter à ce type de situation ». Ce placement en soi-même qui permet de se diriger vers ce qui est juste et bon pour nous-même.  Apprendre à écouter et laisser grandir cette voix d’empathie me semble l’une des clefs importantes. Sentir que notre valeur existe indépendamment des autres. Prendre plaisir seul (toutes sortes de plaisirs, boire un thé, prendre un bain, lire un livre, aller à une exposition, que sais-je…), se l’autoriser et sentir que cette capacité de plaisir si elle est multiplié par la présence de ceux qu’on aime existe toutefois par elle-même.

Comprendre et c’est une autre paire de manches que l’on ne peut pas être abandonné. Non, on ne peut pas car techniquement l’abandon est lié à la dépendance d’un enfant face à un adulte. L’enfant que son parent laisse-là, se retrouve dans l’incapacité de se débrouiller car il ne possède pas encore les connaissances ou les compétences physiques pour faire seul. Sa survie est en jeu. Un adulte lui a développé ce que l’on appelle la résilience. Si on le laisse, fut-ce pour toujours, il est capable de se nourrir, de s’habiller, d’aller travailler et d’aimer à nouveau. Je sais que la rupture est un choc terrible et bien entendu nous avons dans une certaine mesure développé un besoin de la personne aimée mais a tout moment il nous faut être conscient que nous pouvons faire sans elle. Nous sentons en nous « je ne peux plus vivre sans elle» et la vérité doit rester en arrière-plan « il serait absolument terrible de continuer sans elle, je ne le souhaite pas ». C’est d’ailleurs une belle preuve d’amour que de faire sentir à l’autre que chaque jour on choisit de vivre avec lui/elle, qu’on l’accueille dans tout ce qu’il a de bon et de beau mais aussi dans ses parts d’ombre. Et finalement que cet accueil ne se fait pas à regret parce qu’on « ne peut pas faire autrement » mais en pleine conscience de l’être entier que l’on a avec soi. Ainsi, contrairement à ce que l’on pourrait craindre, developper sa résilience, son rapport à soi est aussi un chemin pour aimer plus pleinement.